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CAIPIRA PICANDO FUMO
Pauvreté et Richesse dans l'âme brésilienne
 « Caipira picando fumo » 1893, Almeida Junior – Pinacoteca do Estado de São Paulo

La production artistique du Brésil, peinture, littérature, musique, est encore très peu connue du grand public européen. Mais Almeida Junior (José Ferraz de Almeida Júnior – Itu, 8 mai 1850 – Piracicaba, 13 novembre 1899) est peut-être celui qui vient en premier. Il passa six ans à Paris, vivant à Montmartre et étudiant à l'École des Beaux-Arts, grâce à la bourse que lui donna l'Empereur Dom Pedro II qui avait apprécié son talent lors d'un passage dans sa ville natale. Le tableau « Caipira picando fumo » est un portrait psychologique de l'homme de la campagne, qui parle profondément à l'âme brésilienne. Le mot « caipira » vient du Tupi, il signifie « coupeur d'herbes » et c'est ainsi que les indigènes appelaient les blancs qui arrivaient pour débroussailler et s'installer à l'intérieur du pays. L'expression est resté pour désigner les gens simples du Brésil profond.
Sagesse ou paresse ?
Assis au soleil sur le pas de sa porte, un « caipira » se fabrique une cigarette. Le papier à rouler est coincé derrière son oreille, le long couteau à tout faire (peixeira) à la main, il coupe des petits morceaux qu'il prélève sur une carotte de tabac, grasse et luisante, tordue comme une grosse corde. L'odeur animale et épicée qui s'en élève lui donne déjà un léger sourire de contentement, et toute son attitude indique le moment de bonheur simple qu'il vit. C'est justement dans la simplicité la plus complète que le « caipira » place son régal. Il a depuis longtemps renoncé à chercher « plus ». Sagesse ? Paresse ? Un peu des deux ? L'âme en paix, il n'est agité ni par la rancoeur ni par la révolte haineuse.
Sa maison de pisé (pau-a-pique) à des trous, les marches sont des troncs vermoulus, la porte de bois ne se ferme la nuit qu'avec une pierre de l'intérieur, et les rares fenêtres, humbles ouvertures sans vitres, n'ont qu'un volet : on les ouvre, l'air, la chaleur et les mouches entrent à volonté, on les pousse si vient le soir ou un après-midi d'orage.
Les pieds nus dans la poussière, il s'apprête à suivre du regard la fumée qu'il fera monter de ses lèvres, et les yeux mis-clos, il va méditer à sa façon, sur la vie, sur le monde. Perdu dans les taches de soleil qui filtrent du feuillage voisin, il se contente de contempler les beautés de l'Univers et de connaître ainsi la perfection de Celui qui l'a fait.
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